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Être entouré de vert réduit la mortalité

Sciences participatives

 

 

Vivre dans un environnement naturel réduirait la mortalité, toutes causes confondues. C’est la conclusion de la plus grande synthèse jamais réalisée sur la question.

 

Et si votre jardin renfermait le secret de la longévité ? A mesure que nos sociétés s’urbanisent, que le béton s’élève de tous les côtés, nous redécouvrons le lien vital qui nous unis aux éléments naturels. Diminution du stress, renforcement du système immunitaire et respiratoire… les preuves relatives aux multiples bienfaits des espaces verts sur notre santé s’accumulent. Une vaste étude (1) hispano-américaine (1) en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publiée en novembre dernier dans The Lancet Planetary Health, va encore plus loin : vivre au milieu de la végétation retarderait l’arrivée de la Grande faucheuse… 

Dans le cadre d’une méta-analyse, les chercheurs ont compilé toutes les publications épidémiologiques relevant une association entre l’exposition aux espaces verts et la mortalité. Ils ont privilégié les travaux utilisant l’indice d’exposition (NVDI (2)), lequel se base sur des données satellites pour mesurer le degré de verdure entourant les personnes étudiées. N’ont également été retenues que les données provenant d’études longitudinales, c’est-à-dire des suivis de cohortes dans le temps long. Ceux-là garantissent une quantification précise de l’exposition jusqu’au décès des individus. Finalement, ne répondaient aux critères que neuf études internationales publiées entre 2012 et 2019. « La plupart des preuves des effets sur la santé des espaces verts proviennent d'études écologiques et transversales, mais peu de données proviennent d'études longitudinale » précise les scientifiques. L’ensemble des cohortes rassemblent tout de même 8 324 652 individus adultes.

Jardin ©  jean-louis_zimmermann (Flickr)

Sur les neuf études, sept montraient une diminution de la mortalité toute cause confondues lorsque la densité d’espaces verts autours des personnes augmentaient.

 

Résultat, sur les neuf études, sept montraient une diminution de la mortalité toute cause confondues lorsque la densité d’espaces verts autours des personnes augmentaient. Seules deux études ne parvenaient pas à cette conclusion. Mieux : pour chaque augmentation de 0,1 du score de végétation dans un rayon de 500 mètres, on observe une réduction de 4% de la mortalité prématurée. Les causes ? Difficiles à déterminer. La complexité des processus biologiques en jeu écarte l’idée d’un unique élixir vert de jeunesse. Les chercheurs pointent plusieurs bénéfices potentiels, déjà identifiés dans de précédents travaux. Disposer d’espaces verts à proximité de son lieu de vie favorise les relations sociales, encourage l’exercice physique, atténue le stress. Sans oublier la baisse de la pollution de l'air, du bruit, de l’îlot de chaleur et autres services rendus par les écosystèmes urbains.

Ces résultats sont à prendre d’autant plus au sérieux qu’ils émanent de la « synthèse la plus complète à ce jour sur les espaces verts et la mortalité toutes causes », également « la première à se concentrer spécifiquement sur les études de cohorte » expliquent les chercheurs. Ces derniers préviennent néanmoins les interprétations hâtives : « le NDVI ne mesure pas la qualité de la verdure ou l'accessibilité à ces espaces verts, qui sont des limites notables. L'hétérogénéité entre les études est une autre limite de notre méta-analyse, car les études suivent des populations différentes, des cohortes sexospécifiques, différents groupes d'âge. » Bien que pris en compte dans les études, les chercheurs admettent la nécessité d’une meilleure appréhension des contextes socio-économiques. Les classes supérieures, déjà bénéficiaires d’un accès facilité aux espaces verts, sont les premières aujourd’hui à profiter de la végétalisation urbaine. Ces phénomènes de gentrifications en œuvre dans les grandes métropoles pourraient accentuer les disparités sociales. « Ces externalités doivent être prises en compte lors de la conception des politiques publiques urbaines » recommandent les scientifiques.

Cette méta-analyse conforte l’idée selon laquelle les éléments naturels ne sauraient se cantonner à un rôle purement esthétique ou récréatif. A l’heure ou l’urbanisation s’intensifie, où près de 80% de la population vit en ville dans notre pays, augmenter les espaces verts devient un enjeu de santé publique. Avec les sciences participatives nous vous offrons une bonne occasion de déambuler dans un cadre naturel. Et pour longtemps !

 

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(1) Green spaces and mortality: a systematic review and meta-analysis of cohort studies. David Rojas-Rueda,Mark J Nieuwenhuijsen,Mireia Gascon,Daniela Perez-Leon,Pierpaolo Mudu

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2542519619302153?via%3Dihub#bibl10

(2) Un score NDVI est obtenu par télédétection et il est estimé en calculant le rayonnement proche infrarouge moins le rayonnement visible, divisé par le rayonnement proche infrarouge plus le rayonnement visible.

 

 

 

 

 

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