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Questions à Nathalie Machon, responsable scientifique de Sauvages de ma rue

Sciences participatives

Après le billet de présentation du blog d'hier, nous vous proposons aujourd'hui de découvrir les réponses à quelques questions que nous avons posées à Nathalie Machon, professeure d'Ecologie au Muséum National d'Histoire Naturelle, et  responsable scientifique de Sauvages de ma rue !

 

Pourquoi avoir lancé ce programme ?

A la demande de nombreuses mairies, départements ou organismes publics et privés, nous avons développé un programme de recherche sur la façon de bien gérer la nature des villes. Pour donner les meilleurs conseils il faut (1) bien connaître les espèces qui peuplent les villes et (2) faire le lien entre la gestion et la qualité de cette nature.

Le projet « Sauvages de ma rue » a pour objectif de recueillir beaucoup de données sur la flore des rues pour déterminer quels sont les caractéristiques des rues les plus riches en fleurs sauvages.

Pour être efficaces à court terme nous avons choisi de nous faire aider par les citadins pour multiplier les observations. Le contrat est le suivant : nous leur apprenons à reconnaître les plantes de leurs rues et en retour ils nous envoient leurs données. « Sauvages de ma rue », parce qu'il partage les plupart des objectifs des autres projets qui le composent, fait partie du grand programme « Vige-nature » du Muséum national d'Histoire naturelle.

 

Pourquoi est-il utile de bien gérer la nature qui vit dans les villes ?

Les villes sont des territoires dans lesquels on ne s'attend pas à trouver beaucoup de d'espèces sauvages. Pourtant, la nature est bien présente en ville et heureusement ! Beaucoup d'études scientifiques montrent à quel point le bien être et la santé des citadins dépendent de la qualité et la quantité de nature dans leur quartier. La preuve a été faite que les végétaux aident à purifier l'air, l'eau et le sol par exemple, ou tempèrent les phénomènes de canicules. Au quotidien, qui peut supporter de vivre dans une ville faite uniquement de verre, de béton et de bitume ? Il est évidemment plus agréable d'habiter des quartiers où les oiseaux, les fleurs et les papillons trouvent leur place. Comme tout est lié, même en ville, pour qu'un grand nombre d'organismes puisse vivre en milieu urbain, il faut des espaces accueillants, où les produits chimiques sont bannis. Lorsque la flore est riche, les autres espèces peuvent suivre, et pas uniquement celles qui vivent sur les déchets produits par les humains (rats ou blattes).

 

Quelles sont les témoignages des premiers observateurs ayant participé à « Sauvages de ma rue » en 2012 ?

Les deux motivations les plus évoquées par les participants sont (1) leur intérêt pour la flore en général et notamment la flore des villes ainsi que (2) l’envie de participer à un programme scientifique. Le désir d’apprendre à reconnaître des plantes ou de sensibiliser des enfants (soit les siens, soit ceux de centres de loisirs ou d’écoles) concerne près de la moitié des participants.

Beaucoup d’observateurs étaient étonnés d’avoir vu autant de plantes différentes dans les rues. D’autres, se plaignaient, au contraire, de la pauvreté de leur rue, par rapport à d’autres rues de leur quartier ou à d’autres villes. Certains ont mentionné être surpris de voir des plantes pousser dans des conditions particulièrement difficiles : fissures de bitume par exemple. Des participants ont fait des remarques sur des espèces qu’ils ont appris à reconnaître à l’occasion du programme. D’autres ont fait valoir leur plaisir de pouvoir mettre un nom sur une plante qu’ils avaient déjà vu ou, à l’inverse, mettre une fleur sur un nom qu’ils avaient déjà entendu. Les retours sont très positifs pour la plupart.

Vous pouvez trouver une présentation des Sauvages de ma rue ICI, et si vous voulez participer, il vous suffit de cliquer sur le logo ci-dessous !

                                              

Merci à Nathalie d'avoir pris le temps de nous répondre !

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