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« Ce qui me pousse à braver le froid c’est la sensation d’être utile »

Sciences participatives

 

C'est au pied de son immeuble en région parisienne qu'Anne Baudry enchaîne les parties BirdLab depuis quatre ans. Ses pensionnaires, elle les connaît désormais sur le bout des doigts. 

 

BirdLab © anne_baudry

Anne, au cours d'une partie face à ses mangeoires

Comment as-tu découvert BirdLab ?

C’était il y a quatre ans. Je voulais acquérir des compétences naturalistes, notamment dans le cadre d’un changement de profession. Un jour ma sœur, qui connait bien Carmen [Carmen Bessa-Gomes, une chercheuse de BirdLab, NDLR], m’a parlé d’un jeu qui pouvait répondre à ce besoin. Il s’agissait de BirdLab. J’ai tout de suite adoré. J’apprenais à reconnaître les oiseaux de mon entourage, très simplement, en m’amusant. Je vivais des expériences naturalistes sans devoir sortir loin de chez moi : l’idéal en hiver ! J’ai la chance, en effet, de disposer d’un petit espace calme en bas de mon immeuble, avec une pelouse peu fréquentée, entourée de haies, de quelques conifères et plusieurs bouleaux. Un endroit que les oiseaux affectionnent. Lorsque j’ai installé mes mangeoires la première année, après une demande au Conseil syndical de ma résidence, les oiseaux se sont un peu fait attendre. Il leur a fallu plusieurs jours pour repérer la nourriture et s’habituer à ma présence. Aujourd’hui c’est bien plus rapide : lorsque je vais ravitailler mes mangeoires quotidiennement, ils rappliquent dès que je sors de chez moi !

Quelles espèces s'invitent sur tes mangeoires ?

Les plus courantes sont les pigeons, les Perruches à collier, les Mésanges charbonnières, bleues, et les Pinsons des arbres. Je les observe tout le temps. Plus occasionnellement, j’aperçois une Mésange huppée, une noire ou encore quelques Chardonnerets élégants. Il m’est arrivé, en début saison, de façon très ponctuelle, d’être surprise par la présence de plusieurs Sitelles torchepot ou de tarins des aulnes. Sans oublier mon petit Rouge-gorge qui rôde souvent dans le coin. Mais je dois avouer que, de plus en plus, ce sont les pigeons qui s’imposent. Cela m’agace un peu. Ils me guettent dès que j’arrive avec les graines. Une fois déposées, j’ai à peine tourné le dos qu’ils sont déjà en train de les dévorer ! Dans cette situation, je réalise mes parties BirdLab pour enrichir la base de données. Mais je préfère attendre la deuxième vague, celle des passereaux, qui arrivent généralement après. Comme si les pigeons donnaient le signal aux autres.

BirdLab © anne_baudry

Pigeons et perruches : les premiers sur les mangeoires d'Anne

 

Qu’est-ce qui te plaît dans le jeu ?

D’abord la reconnaissance des espèces. Lorsque j’ai commencé il y a trois ans, j’identifiais les Mésanges charbonnières, huppées et les moineaux. Avec BirdLab l’apprentissage est très rapide. Je suis contente de pouvoir nommer ces petits passereaux. Aujourd’hui je reconnais tous les oiseaux du jeu. Et ça donne envie : récemment, mes amis m’ont demandé de les initier, près de chez moi, au parc de Sceaux. Comme je le disais, cette activité m’incite aussi à aller dehors, même si c’est en bas de chez moi. En ce moment, à cause du covid-19, je travaille dans mon appartement toute la journée, cela me permet de faire une petite pause à l’extérieur. J’en reviens plus concentrée !

Enfin, ce qui me pousse à braver le froid régulièrement c’est la sensation d’être utile. Je me suis rendu compte que lorsque je ne joue pas, quand je dépose simplement mes graines sur les mangeoires, je suis moins attentive car mes observations ne servent pas. J’ai appris cette année que les données de Birdlab ont contribué au premier article scientifique sur la Perruche à collier, cela m’a fait très plaisir ! Je sais dorénavant que les perruches ne rentrent pas spécialement en compétition avec les autres. C’est une bonne nouvelle. Je les regarde d’un œil différent à présent.

Quelles scènes gardes-tu en mémoire ?

Très récemment, ça m’a fait rire : j’ai observé des pigeons se prendre le bec. Littéralement ! Je retiens aussi les passages d’oiseaux « rares » chez moi comme le Chardonneret élégant, si joli. De plus, certains comportements m’interpellent : ces Pinsons des arbres qui occupent longtemps les mangeoires tandis que les mésanges prennent une graine et repartent aussitôt. Pourquoi ? Cela suscite des réflexions. Pourquoi les perruches viennent-elles après les pigeons ?  Pourquoi les pigeons jettent-ils régulièrement les graines par terre – ce qui a le don de m’agacer – avant d’être ramassées par les pinsons et les moineaux ? Et puis pourquoi je n’observe pas de tarin ni de sitelle cette année ? J’espère avoir un jour des explications !

 

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