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Un jardin accueillant ça se prépare maintenant !

Sciences participatives

 

Un peu de patience, dans quelques semaines réapparaîtront la faune et la flore qui rendent nos jardins si vivants. A nous, dès à présent, de les rendre accueillants.

 

Jardin_hiver ©manguy bruno (Flickr)

 

Pour nombre d'entre nous, les observations hivernales se limitent aux oiseaux. La faible densité de végétation et les distributeurs de nourriture font de nos extérieurs de vrais petits observatoires ornithologiques. Des lieux idéaux pour s’adonner à BirdLab ou aux comptage Oiseaux des jardins. Mais cela ne nous empêche pas de penser à l’après. Dans quelques semaines, avec l’allongement des journées et la hausse significative des températures, ils seront de retour parmi nous : insectes pollinisateurs, plantes sauvages, oiseaux rentrant de migration et bien d’autres espèces de saison. Afin d’accueillir ce petit monde de la meilleure manière qui soit, voici quelques actions bénéfiques à mettre en oeuvre dès maintenant.

Prendre soin du sol

Si les plantes annuelles ont bel et bien disparu de notre champ de vision – restent seulement les graines, qui germeront au printemps – d’autres résistent. Les carottes du potager, les pissenlits, le lierre : ces espèces bisannuelles ou vivaces traversent l’hiver. Dressées ou grimpantes, élancées comme les ligneux, les unes gardent leurs feuilles sèches, quelques inflorescences fanées. Les autres se camouflent dans le sol, sous forme de bulbes, de tubercules ou de rhizomes. Si la plupart sont plongées dans un état de dormance, certaines renforcent déjà leurs racines en vue de la reprise de la poussée. Pendant ce temps-là, les vers de terre, bactéries, insectes poursuivent la décomposition de la matière organique. A un rythme plus lent.

Jusqu'à l'arrivée du printemps, il est possible de booster cette vie souterraine. Vous pouvez, par exemple, ramasser les feuilles mortes sur le sol, prélever les parties sèches, fanées des végétaux et les appliquer autour de la base des plantes. L’idée est de reproduire cette belle litière nourricière et protectrice qui tapisse les forêts de feuillus. Dans ce cas, ce duvet organique protégera les racines, maintiendra la température du sol homogène et apportera une source d’humus facilement dégradable puis assimilable par la microfaune. On peut y ajouter des épluchures, du papier journal, des cartons et tout autre partie végétale type broyat BRF (Bois Raméal Ramifié). Couvrir la terre permet aussi de retenir l’eau en profondeur, à disposition des racines, évitant ainsi le ruissèlement et l’évaporation. Ne pas hésiter d'ailleurs à arroser de temps en temps, plusieurs fois par mois si le temps est sec. Outre l’hydratation des racines, cela permet de conserver la chaleur dans le sol et ainsi de les réchauffer.

De nombreuses interventions peuvent améliorer la qualité et la fertilité du sol : l’ajout de compost mûr très concentré en nutriment et d’engrais verts comme les trèfles, la phacélie, la vesce de printemps que l’on peut semer dès le mois de février. Ces derniers décompactent le sol, apportent des nutriments, et attireront à coup sûr les insectes pollinisateurs. 

Jardin_hiver ©sébastien_gersant (Flickr)

 

Repenser le jardin

Hormis la qualité biologique des substrats (eau, terre, air), à surveiller toute l'année, la période est également propice à la réflexion. C’est le moment idéal pour se projeter, repenser l'organisation globale du jardin : cheminements, espaces dévolus aux cultures, lieu des prochaines associations de semis. Pourquoi ne pas l'enrichir de quelques arbres fruitiers, de groseilliers, de framboisiers ? Les oiseaux se délecteront de leurs fruits. Ou un noisetier dont les fleurs attireront les insectes pollinisateurs et les noisettes les rongeurs ? Ces espèces peuvent être plantées en ce moment, s'il ne gèle pas. En cas d'hésitation, privilégiez les espèces locales, bien adaptées au climat de votre région. D’une part car les plantes indigènes nécessitent souvent moins d'entretien, mais aussi parce qu'elles offrent le gîte et le couvert à la faune locale. Et pensez à varier : herbacés, ligneux, buissons... Façonnez des haies. Il en faut pour tous les goûts !

Mais, surtout, n'en faites pas trop. Il est important de ménager des espaces en hiver pour laisser les végétaux pousser naturellement, en particulier les espèces spontanées (souvent très riches en nectar). Ainsi, lorsque les graines se déplacent d’une année sur l’autre, le jardin entre en mouvement. Selon le concept original du paysagiste Gilles Clément, le jardin en mouvement promeut l’évolution naturelle des choses. Le jardinier se met en retrait. Il observe plus qu'il n'agit. Avant de planter, de tracer un chemin, une allée, il doit anticiper la progression, le déplacement des végétaux pour perturber le moins possible l'écosystème. La devise : « faire le plus possible avec, le moins possible contre. » Mais encore faut-il connaître son jardin, les espèces présentes, leurs cycles biologiques. Pour cela l'observation est fondamentale. 

Il n’y a pas que le sol et les végétaux qui font la différence à la belle saison. Construire un muret en pierres sèches, sans ciment ou joint, tout en créant des cavités, confèrera à votre jardin un nouvel écosystème. Vous ferez le bonheur des insectes, lézards et petits mammifères qui pourront s’y réfugier lors des grosses chaleurs. Les mousses qui s'y installeront hébergeront à leur tour des papillons et des escargots. Autre écosystème que l’on peut créer de toute pièce : une mare. Ce petit espace aquatique, facile à mettre en place, est à la fois esthétique et potentiellement très riche en biodiversité. On y rencontre des amphibiens, des mollusques, des crustacés… Un formidable garde-manger pour les oiseaux et les chauves-souris ! 

Voici quelques clés - non exhaustives - pour enrichir le jardin en attendant les observations printanières.  Prendre soin du vivant est une affaire quotidienne. Même en hiver !

 

Hugo et Florence.

 

A lire : Comment faire de votre jardin un havre de biodiversité

 

 

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