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Avec mon cœur de stokeur #2

Sciences participatives

 

A l'occasion des 30 ans du STOC, nous donnons la parole à des participants des quatre coins de la France. A pied, à cheval, en voiture, ces ornithos se rendent deux fois par ans sur leur carré de comptage pour noter les espèces. Rencontre avec les stokeurs, de drôles d'oiseaux qui mettent leur passion au service de la science.

STOC

 

Vigie-Nature : A quoi ressemble votre carré de comptage ? Quelles espèces peut-on y rencontrer ?

Hugues Royer : J’ai deux carrés de comptage, un dans le Tarn et Garonne (Lamothe-Capdeville) où j’habite et un autre dans le Lot (à Saint-Sozy) où je passe mes weekends. Le premier est en bordure de plaine alluviale, dans une vallée assez large au niveau des premiers Coteaux du Quercy. Nous avons une alternance de petits espaces boisés, de terres en friche. Le milieu abrite des espèces très variées : des sitelles, des grimpereaux des jardins, des pics épeiche, des pics verts et parfois noirs. Dès qu’on quitte les bois pour des espaces plus ouverts le cortège d’espèces change. On peut noter par exemple la présence d’alouettes lulu et de cisticoles des joncs. A Saint Sozy, dans la vallée de la Dordogne, changement d’ambiance : je suis entouré de falaises, de cours d’eau, avec quelques plantations de noyers. Je traverse aussi le village de Saint-Sozy. La particularité de ce carré est la présence d’oiseaux qui nichent dans les rochers comme le faucon pèlerin, les hirondelles des rochers, les martinets à ventre blanc. J’ai la chance de pratiquer sur deux secteurs privilégiés avec une abondance et une diversité importante.

Comment avez-vous découvert le STOC ? 

C’est assez récent. Je me suis intéressé aux oiseaux grâce à un oncle et à mon père qui connaissaient un peu le sujet. C’est surtout le premier confinement qui a accéléré le processus. J’ai acheté une paire de jumelle, j’ai réalisé le comptage annuel Oiseaux des jardins au mois de mai. Petit à petit je découvre une véritable passion : je me mets à noter tout ce que je vois sur le site de faune France, je scrute les observations des autres participants pour connaître les espèces de mon secteur. Je me suis aperçu un jour qu’il y avait un mâle bruant zizi autour de chez moi, un oiseau si joli auquel je n'avais jamais prêté attention. J’ai ainsi passé plusieurs mois à observer, à apprendre. Ensuite la LPO m’a contacté pour participer au SHOC l’hiver dernier, et j’ai enchaîné avec le STOC ce printemps sur deux carrés.

protocole stoc

 

Comment se sont passés vos premiers comptages STOC cette année ?

Cela faisait plus de 6 mois que j’apprenais, j’y ai passé tellement de temps que je me suis senti prêt pour le STOC, dont 85% des contacts se font à l’écoute. J’avais intégré les chants des principales espèces. Je dois dire que je connaissais déjà bien le terrain car je m’occupe de la gestion des sentiers dans le cadre de mon travail. Cela me rassurait. Comme je pratique aussi la randonnée régulièrement dans ce coin-là, j’ai décidé de tout faire à pied. Mais attention, il faut cavaler ! Sur mes deux parcours suivis, je fais 11 à 12 km à aller-retour ! J’adore marcher, c’est un plaisir pour moi. Le seul côté qui m’a un peu déconcerté c’est le chrono. Le point d'écoute est parfois très calme tout au long des 5 minutes, alors qu’on observe plein d’espèces lorsqu’on se rend d’un point à l’autre. Mais cela fait partie du protocole.

Vous avez des souvenirs marquants ?

J’ai fait un premier passage à 45 espèces sur mon carré de Saint-Sozy. C’était fantastique. Avec une belle surprise, cette fois au deuxième passage : un balbuzard pêcheur en migration. Entre le premier et le second passage, une partie des espèces migratrices étaient apparues. L’hypolaïs polyglotte, le pouillot de Bonelli n’étaient là qu’au dernier passage, alors qu’au premier passage on rencontrait les espèces sédentaires locales et celles  qui viennent hiverner. Ces changements sont vraiment intéressants à constater. Autre souvenir : j'ai croisé un groupe de randonneur près de mon point d’écoute sur le sentier. Ça a surement faussé le comptage. J’ai fait donc fait une petite pause pour que nature se referme derrière eux avant de reprendre.

Donnez-nous deux bonnes raisons d'être un stokeur...

Les suivis comme le STOC permettent d’appréhender la globalité des espèces d’un milieu. C’est important pour soi et pour la connaissance collective. Il y a l’accessibilité aussi. Ces suivis ne sont pas insurmontables. J’en suis la preuve. En y passant une heure ou deux régulièrement on arrive à apprendre les chants. Je me vois encore en train de m’enregistrer à imiter les oiseaux. J'écoutais ensuite mes sifflements avant de les comparer avec de vrais enregistrement sur le net. Ça a été plutôt efficace.

 

Comme Hugues participez au STOC !

=> Lire le Bilan des 30 ans du STOC

 

Carré à Capdeville (Tarn et Garonne) © Hugues_Royer
 Feuille de comptage- carré de St Sozy (Lot)  © Hugues_Royer
Buse variable  © Hugues_Royer

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