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Avec mon cœur de stokeur #3

Sciences participatives

 

A l'occasion des 30 ans du STOC, nous donnons la parole à des participants des quatre coins de la France. A pied, à cheval, en voiture, ces ornithos se rendent deux fois par ans sur leur carré de comptage pour noter les espèces. Rencontre avec les stokeurs, de drôles d'oiseaux qui mettent leur passion au service de la science. 

 

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Vigie-Nature : A quand remontent vos premiers suivis ?

Richard : Je participe depuis 2001, l’année de sortie de la nouvelle version du protocole. A l’époque j’étais déjà ornito, une passion qui m’anime depuis 1995, même si j’observe la nature depuis l’âge de 7 ans. J’en ai 61 aujourd’hui. J’ai donc commencé à suivre un carré dans la forêt domaniale de la Londe, au Sud-Ouest de Rouen, à 5 kilomètres de chez moi. C’est un carré 100% forestier, essentiellement composé de feuillus. Aujourd'hui je suis coordinateur régional du STOC à la LPO Normandie.

Quelles espèces croisent votre chemin ?

De nombreuses espèces forestières. Il y a une belle densité de pics : pics noirs, pics mare, pic épeiche. Je croise aussi quatre couples de pipits des arbres au même endroit, un bruant jaune et bien d’autres. Des espèces que je retrouve quasiment tous les ans.

 

protocole stoc

Vos observations ont elles changé depuis 2001 ?

Ce que j’aime dans cet exercice c’est justement de voir l’influence de la gestion forestière sur les oiseaux. Ça me passionne. Quand je suis arrivé, la parcelle venait d’être coupée à blanc, il y avait un arbuste dans lequel je voyais un bruant jaune. Je le rencontrais tous les ans et au même endroit. Je ne sais pas si c’était le même individu. Puis la forêt s’est développée et j’ai cessé de le voir.

Même constat sur une autre parcelle à blanc en régénération. J’y croisais plusieurs pipits des arbres qui profitaient d’une bordure avec des grands arbres. Dès que ces arbres ont été coupés, les oiseaux ont changé de territoire.

Une chose ne change jamais en revanche : la pauvreté des alignement « staliniens » d’arbres monospécifiques. On n’y voit rien. C’est en ça que les suivis à long termes sont intéressants. La photo instantanée donne quelques indications, mais ce n’est pas suffisant. Suivre la même parcelle pendant 20 ans offre une vision dynamique des écosystèmes.

Votre meilleurs souvenir ?

Ce que j’adore c’est croiser des mammifères, à vélo pendant mon comptage. Mais mon coup de cœur de ces 20 années de comptage reste ce bruant jaune que j’ai eu la chance de rencontrer chaque année pendant 4 ans, avant que les arbres ne remplacent les buissons. Malheureusement ces changements ne lui ont pas plus. J’ai un regard non seulement contemplatif mais j’essaye de comprendre. Regarder et comprendre.

Trois bonnes raison d’être un stokeur ?

C’est d’abord un anti dépresseur pour moi. La Nature me ressource et me déstresse

Ensuite cela s’insère dans un projet national. Je comparerais ma contribution à celle des fourmis. Une fourmi seule ne sert à rien, mais dès qu’elles se rassemblent elles sont capables de construire une fourmilière. La fourmilière ici ce sont les suivis nationaux. On s’insère dans la durée. Et notre travail paye ! J’ai beaucoup apprécié d’être cité dans les études, c’est une forme de reconnaissance qui est appréciable.

Notre contribution individuelle est aussi peu chronophage. Deux matinées par an pour un carré : le protocole est très accessible, à condition d’être stable dans le temps. Et d’avoir un minimum de connaissance. En milieu forestier, comme chez moi, 99% de mes contacts se font à l’oreille. Mais cela vaut le coup.

 

 

Comme Christian participez au STOC !

Point de comptage (La Londe)
Données saisies
Pic Noir
Pouillot siffleur

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