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Un nouvel observatoire pour explorer la faune du sol

Sciences participatives

 

Vous allez bientôt pouvoir faire connaissance avec les habitants des profondeurs de votre jardin ! Avant le lancement officiel de ce nouvel observatoire, vous pouvez dès maintenant participer à la phase de test.

 

sol©armand_p

 

Fraîchement imprimés, les protocoles suscitent déjà l’enthousiasme, au sein même des coordinateurs : « J’adore celui avec les bâtonnets de glace ! » confie Anne Dozières, la Directrice de Vigie-Nature. Le principe de « l’appât à collemboles », ce petit arthropode qui joue un rôle majeur dans la fertilité du sol ? Il suffit de planter dans le sol de son jardin quelques bâtonnets en bois préalablement perforés sur toute la longueur, les trous remplis d’un mélange de farine et de fécule. Après 7 jours, on les extrait et on compte le nombre de trous consommés. Cette expérience simple et ludique permet de mesurer la dégradation de la matière organique par la faune du sol. Comme celui-ci, 11 protocoles différents sont déjà proposés en phases test jusqu’au printemps. Le lancement officiel devrait avoir lieu à l’automne 2021.

A l’origine de cet observatoire, un vaste projet de recherche : BISES (Biodiversité des sols urbains)  financé par l’Agence de nationale de la recherche, porté par le Centre d'Écologie Fonctionnelle et Évolutive (CEFE) de Montpellier et impliquant 7 laboratoires de recherche et une association (Plante & Cité). Son objectif étant « d’accroitre la connaissance de la biodiversité des sols urbains et son influence sur les fonctions et services écosystémiques rendus par ces derniers. » Dans ce cadre, Vigie-Nature, Mosaic, Particitae et d’autres partenaires ont pris en charge le volet participatif. « Nous avons passé l’année 2020 à définir les contours et les objectifs d’un observatoire grand-public, explique Sandra Barantal, chercheuse en écologie des sols à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3. Nous avons dès le début exclu l’observation directe des microorganismes car cela demandait trop de matériel. Nous voulions que les protocoles soient accessibles à tous et applicables chez soi. »

Mettre en lumière la biodiversité souterraine

Car l’équipe s’est confrontée à un autre défi : parvenir à mobiliser le public. Sachant que les vers de terre et les cloportes ne jouissent pas de la même aura que les oiseaux, les abeilles ou les papillons. On se préoccupe moins de leur situation. Pourtant, cette biodiversité joue un rôle fondamental dans les écosystèmes. Elle rend des services considérables : fertilité des sols, stockage du carbone, stockage et purification de l’eau ou encore prévention de l’érosion. Malheureusement sous nos pieds, la situation n’est guère plus reluisante qu’à la surface : la biodiversité des sols subit de multiples agressions du fait de l’artificialisation des terres, de certaines pratiques agricoles (usage intensif d’intrants chimiques, labour profond…) et du changement climatique. Si ce monde souterrain passe encore plus inaperçu dans les villes, la population et les décideurs commencent à comprendre les problématiques. « Il y a une forte demande de retour de la nature en ville. On veut relocaliser, développer l’agriculture urbaine. Or ces demandes sont dépendantes de la qualité biologique des sols. Et nous avons peu de données là-dessus. En écologie du sol, moins de 2% des articles concernent la biodiversité des sols des milieux urbains » regrette Sandra.

Bises © Laure_Turcati

L'appât à collemboles pour évaluer la dégradation de la matière organique

Gobelet, moutarde, bâtons de galce

Tout le monde pourra donc contribuer à mettre en lumière, depuis son jardin, cette faune des profondeurs et participer à une aventure scientifique. Si plusieurs protocoles seront proposés – trois ou quatre sur les onze testés -, c’est pour pouvoir balayer les différentes couches du sol, chacun abritant une biodiversité particulière. Vous souhaitez étudier les espèces de surface ? Prenez un gobelet, insérez-le dans le sol et, deux fois par jour, recensez les organismes piégés dedans : insectes, crustacés, myriapodes, vers de terre. Répétez la manip’ deux jours de suite. Les espèces des profondeurs ? Arrosez la surface du sol avec une solution de moutarde, et récoltez les vers de terre qui remontent avant de les identifier. Et pensez à garder vos bâtonnets de glace, très utiles pour évaluer la dégradation de la matière organique. « On a repris certains protocoles existants de l’OPVT (Observatoire participatif des vers de terre), de Jardibiodiv et on a développé de nouveaux protocoles avant de les soumettre aux participants. La phase test nous permettra de faire des choix et des améliorations en fonction du retour des volontaires » ajoute Sandra.

Cette expérience participative, dont le nom sera révélé prochainement, réjouit d’avance les chercheurs qui auront pour la première fois accès aux espaces privés à grande échelle. « Nous pourrons avoir une meilleure idée de la répartition des espèces, mesurer l’abondance relative des différents groupes dans l’espace et le temps. Enfin, nous essayerons de mettre en lien la faune du sol avec tout ce qui se passe autour des jardins. La matrice urbaine peut influencer la biodiversité du sol » conclue la scientifique. De votre côté, en plus de faire connaissance avec les habitants des profondeurs, vous disposerez de solides indicateurs pour surveiller la santé du jardin.

 

 

En attendant le démarrage officiel, n’hésitez pas à participer à la phase de test cet hiver.

Choisissez un ou plusieurs des 11 protocoles proposés d'ici fin février 2021.

  • 4 protocoles sur la faune de surface.
  • 3 protocoles sur la faune de profondeur.
  • 4 protocoles sur la fonction de dégradation de la matière organique des organismes du sol.

 

Vous trouverez toutes les explications pour mettre en place ces protocoles dans le document téléchargeable ici.

 

D'autres outils vous aiderons pour faire vos observations :  

 

N'oubliez pas, ensuite de nous faire vos retours via ce court questionnaire. c'est très important pour la poursuite du projet de recherche!

 

N'hésitez pas à nous contacter si vous rencontrez la moindre difficulté ou si vous avez besoin de précisions.

 

 

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