Back to top
bandeau.jpg

Opération papillons : « Je les appelle les fleurs du ciel »

Sciences participatives

 

Pierre-Jean Bernard, « retraité cool » comme il se définit lui-même, est le doyen de l’observatoire Oiseaux des jardins. Dans son jardin en périphérie de Marignane (Bouches-du-Rhône), il observe tout ce qui bat de l’aile. Il compte, note, consigne ses observations avec passion et minutie.

 

pj_bernard_2.jpg

Pierre-Jean Bernard

 

Depuis quand vous intéressez-vous aux papillons ?

J’ai commencé à m’intéresser aux insectes dans les années 1960. Je me souviens avoir observé un jour une abeille en train de butiner sur un bosquet de romarin. Cela m’a mis du baume au cœur. Cette rencontre m’a conduit à prendre des photos, puis à étudier les insectes, leur vie, leurs mœurs. Surtout, depuis 50 ans, j’enregistre quotidiennement tout ce qui qui vit dans mon jardin. Je note le nom des espèces et leur nombre. Je dispose aujourd’hui d’une mine d’information : plusieurs milliers de photos classées dans 33 albums ! Les données concernant les papillons sont envoyées à Noé pour l’observatoire.

Et vous continuez… à 84 ans ! Qu’est-ce qui vous anime ?

Non seulement ça m’occupe mais j’adore. Mes deux-trois heures d’observation quotidienne m’apportent beaucoup de bien. Lorsque je suis dans mon jardin, maintenu dans un état semi-sauvage, le temps n’existe plus. Cela me revoie à des questions philosophiques : notre rapport à la nature, la place que nous tenons en son sein. Et puis les rencontres avec ces papillons. Elles peuvent se produire de façon inopinée, pendant que je bricole par exemple. Mais je passe beaucoup de temps à l’affût aussi. Je cherche. Je traque. Je peux passer trois heures devant une fleur à attendre. Pas étonnant que mes enfants et mes petits-enfants, beaucoup moins passionnés que moi, ont fini par m’appeler « Papa-pillon ».

Vous prenez soin de votre jardin ?

Je laisse faire la nature. J’ai quelques arbres, un chêne, un tilleul et autour je laisse s’épanouir la flore sauvage. Une fois par an j’arrange les haies, mais jamais de grands travaux. Voilà pourquoi j’observe beaucoup de papillons : machaons, flambés, vulcains, tircis, aurores etc. Et ce, toute l’année ! Car chez moi, il n’y a pratiquement pas d’hiver. En ce moment (février) j’observe déjà des bourdons, des piérides. Vos observations ont-elles évolué au cours du temps ? Je constate en effet quelques changements. Depuis deux ans, il y a moins d’insectes par exemple.

jardin ©pierre_jean_bernard

La "rocaille" de Pierre-Jean, paradis des papillons

 

Pourquoi selon vous ?

Difficile à dire. Mes voisins ne traitent pas. Le changement du climat peut-être ? L’année dernière, les plantes ont fleuri relativement tôt, et fanent aussi plus tôt. Certains papillons manquent donc de nourriture à certains moments de l’année. Il y a les espèces qui apparaissent, comme le brun des pélargoniums, que je vois maintenant tous les ans. Et il y a ceux que je ne vois plus : le vulcain, la cétoine dorée… En 2009 avait eu lieu à travers toute l'Europe une importante migration du papillon Belle-dame. On en voyait des milliers ! Les participants au forum de Noé avaient participé avec moi à des relevés, chacun dans sa région. Depuis, je n’en ai pas vu un seul…! Soit 12 ans ! J’espère qu’ils reviendront.

Quelle est votre espèce préférée ?

Sans hésiter : le machaon. J’en élève une cinquantaine chez moi. Je prends une chenille que je trouve souvent dans mon fenouil et je la nourris jusqu’à la naissance du papillon. Il est beau, gentil, c’est devenu mon emblème. On dirait une fleur qui vole. Comme tous les papillons, je les appelle les fleurs du ciel.

 

Retrouvez les photos de Pierre-Jean sur son blog

 

---------------------------------------

 

Une interview à retrouver dans le Bilan 2020 de l'Opération papillon

Faites comme Pierre-Jean, participez à l'Opération papillons
logoobj_opepapillons.jpg

 

 

Vous aimerez aussi

Fond de carte