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Des rochers, des algues et des mollusques : un suivi du littoral qui marche !

Sciences participatives

Ce week-end, sur la côte bretonne de Saint Malo, j’observais gibbules, balanes et patelles sur les rochers recouverts d’algues tout en réfléchissant à la manière dont je pourrai vous raconter les complexes relations nouant tout ce joli monde marin….

Saint-Malo © Stéphane Martin | Wikimedia commons

BioLit pour la biodiversité sur les littoraux marins

Je n’avais pas tout à fait pris la mesure de cette vie en quatre dimensions à laquelle s’est attaqué le programme BioLit de l’association Planète Mer voilà quatre ans. La bonne nouvelle, c’est que ça marche !

Les estrans à la loupe

Les scientifiques sont désormais convaincus que les efforts des bénévoles qui recherchent algues et bigorneaux sur les estrans des façades Atlantique, Manche et Mer du Nord permettent correctement de suivre au cours du temps la diversité des mollusques marins.

Quadrat réalisé par un participant à BioLit © Patrice Ollivier

Quatre ans de données

La jeune étudiante Ophélie Silvio, encadrée par les chercheurs Marine Robuchon et Boris Leroy du laboratoire Borea du Muséum national d’Histoire naturelle a en effet travaillé sur 945 observations réalisées de 2012 à 2015 sur 49 estrans de la façade Atlantique pour en étudier la composition des communautés de mollusques (ici son rapport).

Quand la place sur l’estran compte

Sachez d’abord que très schématiquement on peut séparer les mollusques et les algues brunes qui vivent sur les rochers situés en haut et en bas de l’estran. En haut, ce sont les résistantes patelles et monodontes - celles dont la coquille comporte du joli nacre à l’intérieur – ainsi que les minuscules littorines des rochers.

Tous ces mollusques cohabitent avec des algues brunes comme la pelvétie et le fucus spiralé. En bas de l’estran, les littorines des rochers sont remplacées parles littorines obtuses et fabalis, aux couleurs jaunes-orangées et les gibbules communes. Les algues sont celles qui résistent moins bien à la sécheresse de l’air : les fucus vésiculeux et denté ainsi que l’ascophylle. 

Littorina obtusata © Sergey Yeliseev | Flickr

Quand la densité en algues compte

A partir de ces lignes, attachez-vous bien. Nous pénétrons dans la quatrième dimension marine. Du haut vers le bas de l’estran, nous avons donc différentes espèces d’algues brunes. Ces algues vivent accrochées sur des rochers : elles peuvent donc les recouvrir un peu, pas beaucoup ou complètement. Ce recouvrement n’est pas du tout anodin pour ce qui concerne les mollusques.

Tout en haut de l’estran

Ophélie montre grâce aux données BioLit qu’au milieu des pelvéties, qui recouvrent au moins 5 % de la surface des rochers, la diversité en espèces de mollusques est moitié moindre que lorsque les rochers sont nus. Conclusion : on se bat pour la place dès qu’un peu de pelvétie s’installe.

Gibbule ombiliquée © Fred Lechat | Flickr

Au milieu de l’estran

Un peu plus bas, là où pousse le fucus spiralé, c’est le contraire. Plus l’algue se montre dominante sur le rocher, plus le nombre d’espèces de mollusques augmente : les mollusques profitent de l’abri des algues à marée basse. Jusqu’à un certain point. Lorsque le rocher est recouvert au trois-quarts par l’algue, le nombre d’espèces de bigorneaux, berniques et autres mollusques diminue.

Tout en bas de l’estran

Enfin, au plus bas de l’estran, la diversité en mollusque est stable quel que soit le recouvrement des rochers par les algues… Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y pas d’interactions avec d' autres espèces comme les étoiles de mer.

© Jean-Pierre Perroud | Flickr

BioLit continue sur sa lancée

Ces résultats ne sont pas complètement novateurs : d’autres chercheurs les ont décrits antérieurement. L’innovation vient du fait qu’ils ont été décrits par un suivi participatif. Montrant que BioLit tient ses promesses scientifiques. « Depuis une vingtaine d’années, nous observons une régression de certaines ceintures d’algues brunes» m’a dit Marine « voire d’un remplacement de certaines espèces par d’autres plus septentrionales qui profitent de l’augmentation de la température des eaux de surface. Le travail d’Ophélie montre que nous pouvons compter sur BioLit pour suivre les effets de ces modifications sur les communautés de mollusques. »

 © saintmalojmgphotos | Flickr

Avant de sauter dans vos bottes ou d’enfiler votre maillot de bain, relisez ce post et celui-là, puis initiez-vous aux joies de la biodiversité marine !

A marée haute, vous aurez tout le temps de vous baigner !

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Lisa Garnier, le lundi 27 juin 2016

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