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Quand les données récoltées par les aventuriers botanistes esquissent une œuvre commune

Sciences participatives

Vous connaissez les points à relier ? En suivant des chiffres de 1 à 100 (voire 1000 dans certains ouvrages), on esquisse un dessin. Celui-ci apparaît petit à petit et on s'amuse à deviner ce qu'il va dévoiler sous nos yeux. Et bien, le point à relier géant de Vigie-flore esquisse en Île-de-France une tendance.

A quoi cela sert ?

Pour ceux qui doutent de l'utilité de leurs relevés et qui n'auraient pas lu Sciences participatives : pourquoi il ne faut pas se décourager (ici), vous trouverez aujourd'hui – je l'espère – matière à lever vos interrogations.

De quoi s'agit-il ?

On sait, par de très nombreuses publications scientifiques, que nous Humains de la 2e moitié du XXe et du XXIe siècle avons tendance par nos activités à homogénéiser le paysage et sa biodiversité. Au lieu de copier la nature et faire un vaste fouillis, nous rangeons nos haies avec les mêmes arbustes identiques de jardin en jardin par exemple. Des années 1800 à aujourd'hui, on peut représenter ce phénomène par ces deux tableaux :

© Gabrielle Martin | MNHN

L'équipe de Vigie-flore, composée de Nathalie Machon, Emmanuelle Porcher et Gabrielle Martin, s'est demandé si au bout de cinq ans de relevés en Île-de-France, il était possible de visualiser cette homogénéisation de la flore. Marion Chevrier, étudiante à l'Institut de Statistiques de l’Université de Paris, s'est donc attelée à la tâche pour tenter de faire « parler » les placettes.

Première esquisse

Grâce à ses calculs savants, Marion a livré une première esquisse. Le nombre d'espèces en forêt, en prairie, dans les friches et en milieu agricole peut considérablement varier en cinq ans. Pour des organismes dont on dit qu'ils ne bougent pas, ce résultat prouve le contraire. Les plantes herbacées se déplacent bel et bien.

Seconde esquisse

Pour regarder au cours du temps le processus d'homogénéisation, Marion a recherché quelles plantes étaient similaires entre placettes dans les champs cultivés, les forêts, les friches et les prairies de 2009 à 2013. Et là grosse surprise : les plantes des champs cultivés sont de moins en moins identiques au cours du temps... Comme si en cinq ans, la flore des champs cultivés d’Île-de-France était en train de devenir à nouveau un joyeux fouillis !

Troisième esquisse

Dans ces milieux agricoles franciliens, il se passe également un phénomène significatif : les placettes qui se sont le plus différenciées les unes des autres sont aussi celles qui ont perdu le plus d’espèces. Je m'explique : regardez ces sacs de bonbons.

Enfants avec des sacs de bonbons pour expliquer le concept d'homogénéisation biotique

© Nathalie Machon | MNHN

Quand les enfants mangent des bonbons, les sacs perdent en diversité de bonbons mais ils se différencient. Quand, en revanche, ils gagnent des bonbons, les sacs sont de plus en plus similaires. Ce serait ainsi que cela se passerait dans les champs cultivés de l'Île-de-France. Les espaces agricoles perdent en diversité et se ressemblent de moins en moins. Le joyeux fouillis ne serait donc pas si joyeux.

Tout cela ne s'est esquissé qu'au crayon à papier. L'équipe de Vigie-flore songe bien utiliser un stylo à bille dans les prochaines années pour parfaire l’œuvre collective !

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Lisa Garnier, le lundi 03 novembre 2014

Pour s’abonner au blog, cliquer sur lgarnier@mnhn.fr

 

La rencontre annuelle des correspondants de Vigie-flore aura lieu le samedi 15 novembre 2014 à la station d'écologie forestière de Fontainebleau. Le programme de la journée est disponible ici.

Pour vous inscrire c'est . Attention, il n'y a que 50 places.

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